CSE-siège

France Télévisions, une sécurité pas très sociale !

À bord du grand paquebot France Télévisions qui navigue depuis dix ans entre grands projets et plans de départ, on aurait pu espérer qu’il existerait encore quelques ilots préservés, bien à l’abri des tempêtes de la réorganisation. Un petit collectif chargé de missions de la plus haute importance épargné par la chasse aux ETP et les mesures d’économies. On espérait au moins ça pour la D2S, la direction de la sécurité et de la sureté créée en 2018 à France Télévisions.

Il aura suffi d’une intrusion durant l’été 2022 puis d’une série de tirs contre la façade de notre immeuble parisien pour que soit mise au jour la situation catastrophique de cette direction. Une ambiance délétère de l’aveu même de sa directrice, des démissions, des arrêts maladie, des burnouts, un sous-effectif chronique.
Depuis 2019, les audits internes ou externes se sont enchainés et les diagnostics, ont mis en lumière de nombreux dysfonctionnements et une augmentation des risques psychosociaux. Dernier en date,  Le cabinet d’expertise Technologia récemment mandaté par le CSE et dont les conclusions sont édifiantes voire accablantes à propos de l’absence totale de réactions de la part de la direction de la D2S suite aux nombreuses alertes sur l’état de souffrance de ses salariés.
Des cadres de sécurité qui souffrent d’un manque de considération et de reconnaissance de la part de leur hiérarchie et qui s’interrogent sur leurs missions.

La Direction de la sécurité et de la sureté de France Télévisions, comme tout service de sécurité privé, devrait normalement se conformer à certaines obligations légales, notamment la demande d’autorisation d’exercice délivrée par le CNAPS (conseil national des activités privées). Selon sa directrice, la D2S n’est pas soumise à cette obligation car la principale mission des cadres de sécurité à France Télévisions se limite à des fonctions d’accueil !
Une direction de la sécurité qui emploierait des gens dont le travail n’aurait rien à voir avec la sécurité des biens et des personnes !
Ces propos étonnants tenus devant cette instance et que nous vérifierons permettent de mieux comprendre le manque de reconnaissance ressenti par les salariés.

Il serait temps que la direction de France Télévisions se préoccupe de la situation de la D2S, qu’elle reconnaisse les compétences de ses salariés et qu’elle leur garantisse des conditions de travail indispensables pour le bon accomplissement de leurs missions essentielles. 
Il en va de leur santé et de notre sécurité à tous.

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